RapportThelot2004? LoiFillon2005?
Querelle des "pédagos" et des "républicains"
Pour ceux qui n' auraient pas encore entendu parler de cette "Querelle" ( comme celle jadis des "Anciens et des Modernes" , etc. ) ,
signalons tout de suite qu'il n'y a bien sûr aucune contradiction à être un "pédagogue républicain" !
Ces deux termes étant employés de façon très particulière dans cette fameuse "Querelle" , dont les héraults dans chaque "camp" ont été à une époque Philippe Meirieu ( "pédago" ) et Alain Finkielkraut ( "républicain" ) .
En tapant les mots clés "pédagos" et "républicains" , vous trouverez sans doute de nombreux échos sur la Toile .
ArmandStroh :
Pour de nombreuses raisons je me sens de sensibilité plus proche des "pédagos" que des "républicains" , mais en fait je peux tout à fait comprendre un certain nombre d' arguments des "républicains" , notamment ceux qui ont comme réel projet de continuer le projet des "Lumières" , mais dans l' esprit même de "Nouvelles Lumières" et non pas pour en faire l' équivalent d'une "Scolastique" qui ne ferait que reprendre l'idée de l' Autorité des "clercs" modernes ( supposés "républicains" ) qui se substitueraient aux clercs anciens en termes de contenus des références , mais dont l' attitude dans l' arrogance "transmissive" du "savoir" serait la parfaite imitation sociale .
En fait ma position personnelle s'oppose tout autant aux deux formes d' autoritarisme collectif qui peuvent être prônées soit par des "pédagos" , soit par des "républicains" .
- celui de la "socialisation" obligatoire que certains "pédagos" cherchent à promouvoir , au détriment de la liberté individuelle comme liberté de l' esprit critique y compris dans sa relative "a-socialité" possible : l' esprit libre institue nécessairement une certaine distance critique par rapport à toute "appartenance" sociale ou culturelle supposée. Je reprends donc ici volontiers à mon compte les critiques faites contre certaines "réformes pédagogiques" qui risquent d'être une façon de vouloir conformer socialement les individus à être "gentils" et "polis" suivant un consensus social de classe moyenne .
- celui du "formatage" préalable des esprits par un supposé savoir fondamental à inculquer à tout prix sous prétexte que les "clercs" ou "savants" sauraient , eux , ce qu'il faut "transmettre" ( par "obligation" , par "contrainte" ??? : le mot "inculquer" n'est pas loin de fournir ici une image de "gavage" tout à fait éloquente ) pour qu' à partir de cette "transmission" , la pensée puisse s'exercer "librement" .
- Je suis bien d'accord ( avec la critique des partisans du "savoir" dans la tradition des Lumières ) pour dire que l' exercice de la liberté personnelle a nécessairement besoin de s'appuyer sur de multiples savoirs pour pouvoir s' exercer "librement" .
- Mais en même temps je considère que c'est principiellement à la personne elle-même , comme toujours déjà "autodéterminée" , de choisir les "savoirs" dont elle a besoin oour continuer à développer sa pensée libre : elle peut en effet choisir ici de se faire "assister" par quelque "grand frère" ou "grande soeur" en humanité ou en culture générale ou en "expertise" quelconque .
Evidemment les castes de "clercs" de tous les temps ont toujours eu comme prétexte pour conserver leurs prérogatives , de persuader les supposés "ignorants" qu'ils avaient nécessairement besoin de leurs services pour pouvoir "progresser" et donc qu'ils devaient suivre leurs "programmes" , leurs "curricula" , leurs "parcours d' enseignement" .
- Il est donc pour moi tout à fait clair , que si je devais participer à la constitution d'une "nouvelle école" , celle-ci devrait bien pouvoir donner accès , sans limites, à toute l' "encyclopédie" du savoir possible , à toute personne qui en exprimerait le besoin .et surtout au moment où elle serait prête à entrer dans un tel apprentissage , parce que précisément en résonance avec son développement personnel .
- Alors certes aussi , s'il fallait un aspect "obligatoire" à l' instruction : Permettre à tous de comprendre jusqu'à quel point , leur propre exigeance de liberté personnelle , passe nécessairement, de façon ou d'une autre , par "des" apprentissages : et il doit y avoir ici de multiples façons de le faire comprendre , à partir des apprentissages déjà réalisés par la personne ( même un petit enfant ) : la plupart des enfants ont appris à marcher et en général à parler : chacun d'entre eux peut facilement comprendre - surtout si on l' accompagne dans cette reflexion - en quoi ces apprentissages lui permettent de nouvelles libertés . Mais si précisément ces apprentissages se font ( sauf pathologie ou carence sociale de l' environnement ) quasiment "spontanément" pour tous les enfants , c'est que le rapport entre effort pour apprendre et retour de satisfaction en termes de libertés personnelles supplémentaires est suffisamment clair pour être contrôlé par eux-mêmes.
- Je parie donc sur l'idée que , beaucoup d' enfants , si on leur donnait vraiment l' occasion d' explorer librement ces possibles en leur proposant une aide quand ils en ressentent vraiment le besoin , seraient beaucoup plus ouverts à des apprentissages nouveaux que tous cette masse d' "élèves" actuels , dont on a simplement l' impression qu'ils ont été contraints à "ingurgiter" des "savoirs" ou des "capacités" sous prétexte d'un "programme" supposé a priori "bon pour eux malgré eux" . Il fut un temps où en effet , les sociétés , sous l' emprise des formes culturelles religieuses ou traditionnelles en général , pensaient la même chose de l' obligation de l' instruction religieuse et ensuite de l' assistance pour tous aux sermons du dimanche : commencez par réciter "obligatoirement" les formules du catéchisme et vous finirez par y croire "librement" ...
Je crains fort que le principe "pédagogique" de beaucoup des supposés "républicains" "transmetteurs de savoirs obligatoires" n' ait guère dépassé cette idée . Je comprends qu'elle puisse en effet être défendue par tous ceux qui pensent , à la manière durkheimienne , que l' individu n 'est rien que le produit nécessaire de sa société et que sa seule "liberté" est d'y trouver une "place reconnue" : dans une société "chrétienne" il faut donc être "instruit" chrétiennement , dans une société islamique , il faut être instruit des principes islamiques ... et ... en concluent sans doute les "républicains transmetteurs de savoirs obligatoires" , dans une société républicaine et laïque , il faut être obligatoirement instruit d'un savoir "républicain et laïque" :
- On voit ici où la querelle s'envenime : les"pédagos" comme les "républicains" finissent nécessairement par avoir ici "mauvaise conscience" :
Chacun à sa façon bien sûr sera confronté au paradoxe fondamental de l' "éducation à la liberté" .
Et les deux positions se défaussent réciproquement sur l' autre de leur propre contradiction interne .
- Il ne suffit pas de "laisser faire" , pour permettre à un "esprit libre" de se former comme libre, mais inversément , il est impossible , par définition , d'imposer par "coercition" , à un esprit toujours déjà "libre" d'une certaine façon ( s'il a commencé , comme petit humain , à saisir ce que signifie "faire sa propre volonté" plutôt que celle d'un autre ) , d' être encore "plus libre" qu'il ne l' est déjà .
Ecole Nouvelle ?
- Il est donc pour moi clair que l' "
EcoleNouvelle?" que je proposerais ( peut-être , avec d'autres , si
NouS le voulons ainsi ... librement ) , ne se fera qu'avec des acteurs ( enfants , parents , enseignants, éducateurs , animateurs , experts .... ) LIBREMENT d' accord sur l' objectif commun de l' "Egale Liberté de tout Esprit Libre " , avec bien sûr comme premier "TEST" d'entrée : la question même de leur position au sujet d'une telle finalité ultime :
- "compréhension" minimale de la question posée ( il faudra ici penser diverses "mises en formes" pédagogiques pour permettre aux acteurs d' exprimer leur position )
- aide à la construction de leur propre "réponse" initiale : celle qui leur permet de décider de faire au moins un "premier pas" dans la voie de l' "
EcoleNouvelle?"
- et en effet : si eux-mêmes répondent NON , librement , je ne prévois aucune façon possible pour une quelconque "
EcoleNouvelle?" de leur "forcer la main" , ou de les convaincre par une "entourloupette" quelconque : la liberté et donc aussi l'
EgaleLiberte est à ce prix :
NouS renonçons à "
VouS" convaincre si
VouS choisissez librement de ne pas "
NouS" rejoindre : c'est donc
VousQuiVoyez et portez dorénavant pour "Vous-
MeMes?" la responsabilité propre de votre propre choix : si un jour
VouS choisissez de "
NouS" rejoindre , du moins une "partie de
VouS-
MeMeS? ,
NouS serons suffisamment "ouverts" pour
VouS accueillir , car comme
VouS pouvez le savoir dès maintenant : votre adhésion éclairée ne dépend que de
VouS ( C'est
VousQuiVoyez ) : ce qui dépend de
NouS , c'est notre libre définition de "
NouSMeMes " que , par définition , chacun d' entre
NouS peut donner librement à sa façon , à condition que , par définition , il accepte le même droit des autres parmi "
NouS" à proposer la leur : car celle-là : notre "
EgaleLiberteLibreEgalite" est précisément la définition
MeMe que
NouS NouS donnons .
Mais direz
VouS peut-être , un "enfant" peut-il comprendre cela ? Ne faut-il pas une très longue "culture" préalable , soit d'expérience de la vie, soit de construction "obligée" de savoirs , pour pouvoir comprendre l' enjeu fondamental d'une telle liberté ?
Qui sait ? N'est pas forcément "enfant" qui a le statut social et politique de l' "enfance" .
Et bien sûr , TOUT ENFANT , qui se reconnaîtrait ici , est LIBRE , en comprenant à sa façon un minimum de ce qui vient d'être dit ( ce qui sera nécessairement le cas si jamais un enfant répondait librement à cette page ) , de NouS proposer sa participation à cette "EcoleNouvelle?"
Rien ne
VouS empêche de "déclarer" ,
ICI? OU AILLEURS , votre intérêt pour une telle "
EcoleNouvelle?"